Spectacle et coulisses : Le Bal des Vampires à Mogador

Hello,

Bon si vous me suivez sur les réseaux sociaux, il ne vous a pas échappé que je suivais en ce moment de très près le musical du Bal des Vampires qui se joue actuellement à Mogador.

Nous étions invités à assister au spectacle la semaine dernière pour fêter leur 100 000ème spectateur, et bien décidés à en prendre plein les yeux. Je n’étais pas fan du film original mais j’ai des critères d’appréciation assez différents pour les comédies musicales (décors, costumes, prestation vocale, danse, make-up, etc…) donc j’ai voulu tenter. Sachant que je n’ai aimé aucune comédie musicale vue en France, nous n’y allons plus très souvent, trouvant que ça manque de moyens et de créativité.

Dès le début du show, on nous prouve que Le Bal des Vampires ne mange pas de ce pain là et n’hésite pas à superposer écrans et décors massifs pour donner une impression très réaliste et nous transporter dans le froid de Transylvanie. L’ensemble fonctionne parfaitement, des titres dynamiques, des dialogues souvent drôles, des personnages bien interprétés et quelques vampires planqués dans la salle qui vous amèneront à frissonner et vous donneront l’impression de faire partie du bal.

Au niveau des décors des costumes et du maquillage, c’est un sans fautes. Ils ont sorti l’artillerie lourde ! Que ce soit l’Auberge, le château, la crypte ou la salle de bal, tout est somptueux. J’en ai rarement pris autant plein les mirettes de ce côté là, et en plus c’est tout à fait mon univers !

Les chanteurs m’ont tous plu, mais j’ai cependant regretté que certaines voix féminines aient le problème de l’ex-Lara Fabian dans les late 90’s : « plus je chante haut, plus j’envoie le boulet ». Je sais que c’est difficile de contrôler le volume quand on veut passer la note en voix pleine, mais ce qui était un exploit il y a quelques années est devenu tellement irritant. Et pourquoi caster toujours des voix féminines si lisses qu’on les croirait sorties d’un Disney ?

Au niveau des danseurs je préférais évidemment les chorégraphies de groupe telles que sur « Longue est la nuit », qui me rappelait un peu au film Ghosts de Michael Jackson (J’ai d’ailleurs cru au début qu’il y avait un damier alors que c’était simplement l’éclairage qui faisait apparaître les tombes plus claires). Bien que la chorégraphie n’ait rien à voir j’ai adoré ces mouvements saccadés et ces vampires super expressifs. Regardez ce petit extrait, c’est assurément l’un de mes tableaux préférés :

En ce qui concerne les bémols, puisqu’il y en a toujours, je dirais que, comme à chaque fois que l’on adapte un texte en français, c’est inégal (connais-tu la version française d’I just can’t stop loving you ? Ça fait peur hein ?) et même parfois vraiment kistch. Mais comme le spectacle assume totalement son côté cuculapralino gothique kitsch et parodique, ça ne m’a pas choquée plus que ça.

A part que ça fait deux semaines que je chante Totale Eclipse à El Banjo et que je pense qu’il est au bord du gouffre. Quand même oser « T’as rien laissé du tout quand t’as fait s’éclipser mon coeur (WESH ?) ». La pucelle de la campagne qui tutoie Von Krolock comme si ils avaient élevé les cochons ensemble, c’était particulier. Le comte est charismatique, magnétique, on s’imaginait des envolées de plus haut niveau lors de leurs échanges.

L’autre bémol, mais là, j’insiste : c’est la durée du spectacle. De l’entrée en scène à la fin des salutations nous sommes restés 3h (avec 20 minutes d’entracte incluses). C’est hyper long pour un musical. Entre l’introduction très longue et les tableaux tragico-romantiques, il est possible de raccourcir en conservant le plus qualitatif et visuel, j’en suis persuadée.

A titre personnel, j’aurais aussi aimé qu’Herbert puisse pécho Alfred : le vampire gay, c’était assez marrant comme scène, dommage qu’ils n’aient pas eu plus de place.

En conclusion et malgré mes petits reproches sur la longueur, je vous conseille vraiment d’aller le voir. Coloré, drôle, visuellement très réussi avec des décors des costumes et des maquillages frôlant la perfection, et un casting au top (mention spéciale à Guillaume Geoffroy, Stéphane Metro, David Alexis et Pierre Samuel que j’ai trouvés exceptionnels), ce spectacle rassemble tous les éléments pour passer une excellente soirée et en prendre plein les yeux.

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Maintenant parlons des coulisses !

J’ai eu la chance de pouvoir accéder aux coulisses du spectacle et de pouvoir partager avec vous quelques images des répétitions et des backstages !  Voici des vidéos des répétitions de chant et danse où règne une ambiance bon enfant mais pro :



J’ai presque préféré les entendre chanter en répète que sur la scène, c’était vraiment chouette.

Ensuite j’ai fait un petit tour de Mogador et mes premier pas sur cette scène immense (et apparemment je me transforme un peu en vampire d’après les photos) !

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J’en ai profité un peu pour poser des questions aux membres de l’équipe qui aident à préparer les artistes et font en sorte qu’ils deviennent de vrais vampires !

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Voici ma petite interview d’Héloïse, qui travaille à l’habillage des artistes :

1/Pouvez-vous vous présenter ? Quelle est votre formation et quelles sont vos ambitions ?

Je m’appelle Héloïse. Après la 3ème j’ai fait un BEP couture, puis un bac pro, puis une formation complémentaire puis un DTMS (diplôme de technicien des métiers du spectacle). J’ai travaillé à l’opéra Bastille puis j’ai été recrutée sur la comédie musicale de la « Belle et La bête » qui jouait déjà à Mogador et maintenant je travaille sur le Bal des Vampires.

2/ Qu’est-ce-qui est spécial pour vous avec le Bal des Vampires, pourquoi avoir voulu travailler sur ce projet ?

En premier lieu j’avais beaucoup aimé le film, mais aussi après avoir fait la Belle et la Bête, ça changeait totalement de registre donc c’était intéressant !

3/Comment avez-vous choisi les matières et les couleurs ?

En fait, une grande partie des costumes est arrivée de l’étranger puisque le spectacle s’était d’abord joué dans d’autres pays. Nous avons donc ajusté ceux-ci à nos artistes, ou si ils étaient endommagés nous les avons refaits. Il y a eu quelques créations mais nous avions un cahier des charges assez précis de monsieur Polanski : nous ne pouvions pas faire n’importe quoi.

4/Ne travaillez-vous que pour des comédies musicales ou également pour le cinéma, le théâtre ou autre ? Les challenges à relever pour chaque domaines sont-ils vraiment différents ?

Lorsque je travaillais pour l’opéra, le rythme était moins soutenus, les artistes se changent beaucoup moins souvent et c’est donc un peu moins stressant.

5/ Qu’aimez vous le plus dans votre métier, et qu’aimez vous le moins ?

J’aime tout dans mon métier, je fais vraiment cela par passion donc je ne vois pas ce que je pourrais dire de négatif, à part peut-être -si vraiment il faut dire quelque chose -que comme je travaille tous les soirs, je n’ai pas de soirées ou de week-end libres.

6/ Quelle est à votre avis la qualité la plus importante pour pouvoir exercer ton métier ?

La patience, surtout ! Ensuite la minutie, la créativité… mais surtout la patience !

Merci Héloïse !

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Et maintenant voici la petite interview d’une autre magicienne, celle qui maquille les personnages pour les rendre vraiment intimidants et magnifiques à la fois : Jessica !

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1/Hello Jessica, quelle formation avez-vous suivi pour en arriver là ?

Après le bac j’ai fait deux ans en stylisme mais ça ne me plaisait pas alors je me suis orientée vers une formation maquillage et coiffure à l’école Christian Chauveau. Puis j’ai participé à des courts-métrages, des collectifs, puis enfin le roi lion, La belle et la bête, Mamma Mia… et maintenant le Bal des vampires !

2/Pourquoi vouliez-vous travailler sur La Bal des Vampires ?

C’est vraiment l’éclate au niveau des maquillages et des perruques que l’on doit aussi coiffer, entretenir, recouper au visage des artistes etc. (effectivement on y pense moins mais les loges sont envahies de perruques !).

3/ Comment choisissez-vous le matériel avec lequel vous travaillez ?

Nous travaillons essentiellement avec Make up For Ever car ils ont beaucoup de différentes couleurs.

4/ Avez-vous eu des contraintes pour maquiller les personnages ou vous vous laissez aller au gré de votre imagination ?

Non, avant chaque spectacle nous suivons un enseignement spécifique sur les façons de maquiller adaptées.

5/Sur quel type de projets préférez-vous travailler (cinéma, théâtre, etc…) ?

J’ai une nette préférence pour le spectacle vivant !

6/ Que préférez-vous dans votre métier et qu’aimez-vous le moins ?

J’adore avoir des pinceaux entre les doigts, c’est la partie que je préfère, et bien sûr l’ambiance de troupe et le côté humain. Quant à ce que je n’aime pas… Je ne sais vraiment pas, peut-être avoir de la colle à postiche sur mon vernis tout neuf ?

7/A votre avis quelle qualité est indispensable pour faire votre métier ?

La patience et l’humilité ! Bien sûr il faut aussi être curieux et créatifs, mais je dirais surtout la patience et l’humilité.

8/Quel vampire préfèrez-vous ?

(Ça ne peut pas être un loup garou ? Non ? Bon !) Eric dans Trueblood !

(elle me laisse Von Krolock alors ?)

Vous voulez voir un peu la magie opérer sous les mains expertes des maquilleurs ? Voici nos héros en pleine transformation (une heure de maquillage quand-même, pour notre comte hypnotique!).

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Voilà les amis, ça sera tout pour aujourd’hui ! J’espère que ce petit reportage backstage vous aura plu et que je pourrai vous en faire plus souvent ! Bisous !

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De mes rêves et de ce qu’il en reste…

J’ai toujours été dans ma bulle. Toujours.
Quand j’étais gamine mon père entretenait mon univers féérique, il aimait bien mettre un peu de magie dans le quotidien. Comme j’étais souvent seule avec mes livres, mon imagination vagabondait un peu loin, j’étais à la fois la princesse et le chevalier, Iznogoud et le Calife, Michael Jackson et la fée clochette… Je crois que la plupart de mes copines me prenaient pour une mytho un peu illuminée, et je me suis toujours sentie « à part ». Dans ce monde plein de bisounours et d’arcs-en ciel, dans ma réalité parallèle, si vous préférez. La frontière entre mon imaginaire et la réalité était assez floue pour moi.
Globalement quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je trouvais ça tellement abstrait, que je ne savais dire ce que je voulais à ce moment là, c’est à dire être chanteuse-danseuse-femme-de-Michael-Jackson (What else ?). Ça me paraissait vachement compliqué la vie d’adultes, ça me paraissait loin également. Du genre que je serais probablement morte bien avant d’être majeure tellement c’était dans longtemps.
Et puis le temps passe. Et à l’école il se passe plein de trucs. On te dit que t’es nulle en maths, par exemple, ou en P2 (il s’agit d’histoire géographie mais en allemand, qui étaient en plus des cours en français). Ah ça oui j’étais nulle. Les maths ça allait quand il y avait des problèmes ou des trucs simples, mais les théorèmes de bidule et les équations à wtf inconnues, j’ai envie de te dire, dans la vie de tous les jours, on ne peut pas dire que ça m’ait aidé à fond la caisse. Au collège il se passe aussi tes première grosses embrouilles de filles (même si tu te rappelles plus pourquoi), les premières jalousies à cause des garçons, les copains qui commencent à fumer et à boire alors que toi ça ne t’intéresse pas, les gros chagrins des enfants qui ont leur parents qui se séparent… Bref on apprend un peu la vie. Cette vie que je décrivais tous les jours dans un journal intime depuis que je savais tenir un stylo. Pendant ce temps j’ai eu la chance d’avoir pas mal d’activités, beaucoup de danse, du piano, du chant, du théâtre (ça c’est pour ce que j’ai pratiqué longtemps), du coup il a toujours été une évidence pour moi que je deviendrais, un jour, cette chanteuse-danseuse-femme-de-Michael-Jackson. Je me donnais à fond, c’était mon bonheur à moi, le chant et la danse ! Je ressentais tellement d’émotion, que parfois je pleurais de joie. Bon, évidemment, mes parents ont fait leur boulot, ils m’ont demandé de choisir une filière, ce que j’ai fait. J’ai pris « langues et littérature », ce qui me paraissait une évidence, tant mon goût pour les livres, l’écriture et les langues était prononcé. A l’époque les profs te disaient « Ben oui ma pauv’fille, c’est pas comme si t’allais passer en S, contente toi de L ! ». Un jour je leur ai répondu que jamais de la vie il n’aurait été question de me lancer dans une carrière scientifique, même sous la menace, et qu’ils se rassurent, j’irais bien en L, mais par choix et non par dépit. Dès ce jour, ils ne m’ont plus trop gonflée ni humiliée face à mes camarades, ce que je trouvais être un assez bon deal. Quand même, parfois il y en a qui ne sont pas très futés, ou pas très psychologues, je ne sais pas. Mais parfois il y a des profs qui comptent, des profs qui vous disent un truc qui change un peu votre vie.
Une fois la prof de philo a fait silence et elle a dit « Il y a une personne pour laquelle je ne m’inquiète pas ici ». (ça sortait un peu de nulle part, je crois qu’on se demandait tous pourquoi elle disait ça). Elle a fait une pause et elle a dit: « C’est Mélo ». Hummm Hein ? Quoi donc ? Et là elle a dit à la classe : « C’est très important cette faculté d’adaptation qu’elle a , parce que quoi qu’il arrive, Mélo, elle s’en sortira toujours et je ne me pose pas la question de savoir si elle arrivera à ce qu’elle veut, ou si elle s’en sortira. Je ne sais pas comment, mais par contre je sais qu’elle s’en sortira toujours. Ce n’est pas quelque chose que l’on apprend, c’est quelque chose que l’on est. Vous ne comprenez peut-être pas, mais je sais que Mélo, elle sait de quoi je parle. » Et c’est vrai, je savais. Mais je faisais un peu semblant de ne pas comprendre parce que j’avais l’impression qu’elle m’avait un peu mis plein de paillettes et que j’avais intérêt à me faire discrète si je ne voulais pas être la prochaine cible de haine de la classe. Mais mine de rien ce qu’elle a dit m’aide encore aujourd’hui, et quand je manque de courage pour affronter une situation difficile, je repense à ce qu’elle a dit ce jour là. Comme si je n’avais pas le droit de la décevoir, ou comme si je ne voulais pas que d’un seul coup, elle se réveille en se disant que finalement, elle s’était gourée.
Les langues et la littérature c’était bien, mais depuis quelques années, je commençais à voyager dans des endroits exotiques avec mes parents, et je ne voulais plus devenir professeur de français (enfin ça c’est la version pour les parents hein, parce que t’as bien compris que je voulais faire chanteuse-danseuse-femme-de-Michael-Jackson). Un jour nous étions à l’île Maurice, et l’hotel « Sugar Beach » venait d’ouvrir. Mon papa avait rendez-vous avec le directeur qui l’avait contacté en France, et mon père avait saisi l’occasion de notre voyage familial pour le rencontrer en personne. Je me rappelle l’entrée dans ce superbe hôtel, l’accueil professionnel du directeur qui nous invitait à le suivre. Je lui emboîtais le pas d’un air fier et décidé, persuadée de passer pour une VIP en compagnie du directeur d’un tel bout de Paradis. Quand il a commencé à marcher sur le petit pont qui enjambait la piscine de l’hôtel, pour la première fois depuis toujours, je me suis dit en contemplant l’eau turquoise de la piscine « Wouaaaaaaaaaaaaaahhhhhh, quand je serai grande (si je ne suis pas chanteuse-danseuse-femme-de-Michael-Jackson), je veux être lui » en souriant de toutes mes dents à mes parents. Du coup, j’ai voulu faire un BTS Tourisme. Ça me paraissait tout à fait cohérent avec mon goût des langues, de l’accueil et des voyages et c’est la seule chose qui m’intéressait à part la musique et la danse.
Et puis il y a eu la vie active, celle où on te dit que ça va être super dur de trouver un travail, même payé des clopinettes, et je te raconte même pas quand t’es hyper introvertie. Alors j’ai trouvé du boulot, pas mal de choses finalement, j’ai eu un peu de chance, et j’ai surtout eu pas mal de portes ouvertes grâce aux langues étrangères. En parallèle je cherchais à chanter et à danser, j’avais quitté mon groupe a capella de Province, et je cherchais des places dans les orchestres ou à former un groupe qui tourne un peu sur Paris. Histoire de. Et je passais pas mal de castings aussi. Mais c’était tout le temps pareil. Un casting dans la musique, à l’époque y’avait quand même pas mal de projets complètement daubés (c’était l’époque des girls band, où on essayait de te pondre des chansons aux paroles « girl power » clairement écrite sur du papier Q pendant qu’ils posaient un bronze; je ne vois pas comment c’est possible autrement). Comment veux-tu chanter avec de l’émotion « oh les garçons c’est pas bien du tout du tout, attention nous les filles on est trop féroces ». Plus con tu meurs. Bref j’ai persévéré quelques années, je n’ai pas réussi à avoir des choses concrètes autres que dans des restaus ou bars parisiens (c’était sympa mais ça f’sait du chemin pour me faire repérer par Michael Jackson et me faire épouser) et du coup au bout d’un moment dans ce milieu parfois un peu glauque, j’ai compris que je n’allais peut-être pas être chanteuse-danseuse-femme-de-Michael-Jackson. Je chante toujours sous ma douche, je danse toujours sur quelques pistes, et il semble que je ne me marierai plus avec Michael Jackson. Mais pendant ce temps, j’ai bossé, j’ai eu un peu de chance, j’ai fait aussi des rencontres, et j’ai occupé des postes très intéressants. Les plus marquants ont été dans la mode et dans le tourisme, mais malheureusement; rien à voir avec mon héro du Sugar Beach.
Alors voilà, on se demande souvent ce que c’est, la réussite ? Je crois que c’est tous les imprévus, finalement. Tout ce qui nous change, tout ce qui nous tend la main et que l’on n’attendait pas. Aujourd’hui, j’ai fait le choix d’être libre, dans tout. Un choix aliénant et dur, parfois. Un choix à l’opposé de ce que certains qualifieraient de réussite, parce qu’il ne rime pas avec argent. Mais je m’en fous. Parce que ma liberté n’a pas de prix, mon temps sur cette terre non plus. Je ne fais plus de compromis, je profite un maximum du temps passé avec ceux que j’aime, je travaille sur ce qui m’intéresse, je m’accorde le droit de dire non aux autres et à tous ceux qui penseraient pouvoir acheter mes efforts et/ou ma bienveillance avec de l’argent. Je n’agis que par passion, par conviction. Je m’accorde le droit d’essayer aussi, et de décider après. Alors non, mes rêves ne se sont pas réalisés. Seule ma douche m’entend chanter et l’île Maurice ne me voit passer qu’en touriste. Je ne vis pas mon rêve de gosse. Mais j’essaye de vivre mon rêve d’adulte, et je le construis chaque jour un peu plus, un peu comme une impro plutôt réussie au théâtre. Dans l’absolu je rêve encore d’un mariage de princesse et d’un tour du monde. Pour tout ce dont je ne suis pas encore sûre je repense à ce que disait ma prof de philo : je saurai quand le moment sera venu.
I grew up in a bubble.When I was a child, my father kept me in a

fairy universe. He liked to put a little magic in our everyday life. As I was often alone with my books, my imagination wandered a little bit far. I could be at the same time, both the princess and the knight, Iznogoud and the Caliph, Michael Jackson and  Tinkerbell. I believe that most of my friends thought I was crazy or a liar, and I always felt « different ». In this world of ponies and rainbows, I was in my parallel universe. The line between my imagination and reality was rather vague for me.

 In general, when people asked me what I wanted to do « when I grow up », I found that to be so abstract, because I could only know what I wanted at that precise moment, which was to become a singer-dancer-wife-of-Michael-Jackson (What else?). The adult life seemed tremendously complicated to me, and also very far away. So far away, that I would probably die before I became grown up…because you die from being old, right ?
 And then, time goes by. And in school a lot of things happen. They tell you that you are hopeless  in math, or in P2 for example (it was history/ geography classes but in German). Oh yes, I was hopeless. I was OK with Math problems or simple calculations, but  as for theorems and equations with wtf unknowns, I had no clue. I have to say, in my daily life I’ve never used it. In highschool you also start your first big fights (even if you don’t remember why). The first jealousies because of boys, the friends who start smoking and drinking while you’re not really interrested in all that. And, you experience the great sorrows of the friends whose parents are divorcing… You learn life. This life, I described every day in my personal diary since I learned how to hold a pen. During this time, I had the opportunity to have quite a few activities: a lot of dance, piano lessons, singing classes, theater… So it was always an obvious fact for me that I would become, one day, this singer-dancer-wife-of-Michael-Jackson. I went all out, it was my source of happiness; singing and dancing ! I felt so much emotion, that sometimes I wept with joy. Well, obviously, my parents did their job, they asked me to pick the subject I was going to focus on for my studies. I picked « languages and literature « , which appeared to me an obvious choice.  At the time teachers were saying  » Well, yes, poor girl, that’s what happens when you suck at Math. You’re going to have to pick Litterature »
One day I told them that it actually never even crossed my mind to chose a scientific career, so that they could feel reassured, because I would be chosing Litterature by choice and not because I didn’t have any alternative. From this day on, they didn’t annoy me any more nor embarrass me in front of my classmates, which I thought was a pretty good deal. All the same, sometimes teachers are not very smart, or not very sensitive, I don’t know. But sometimes there are teachers who count, teachers who say something that will change your life. 
 Once my philosophy teacher went silent during class,and she said  » There is a person who I don’t worry about here « . (That came out of nowhere, I believe that we all wondered why she said that). She had a break and said:  » It’s Mélo « . Hummm uhhh, me? What? And there she said to the class: « It’s very important this adaptability which she has, because whatever happens, Melo will always get by, and I don’t ask myself if she will make it. I don’t know how, but I know that she will. It’s not something you learn, it’s something you are. You may not understand what I’m talking about, but I know that Melo does  » And it was true, I knew. But I kinda pretended not to, because I had the impression that she putted me a bit too much in the spotlight and that I should rather be discreet if I didn’t want to be hated by the whole class. Anyway, what she said that day, helps me even today. And when I lack courage to face a difficult situation, I think about what she said. As if I had no right to disappoint her, or as if I didn’t want her to wake up one day and think that she was wrong about me.
Languages and literature were nice, but at some point I started to travel to exotic places with my parents, and I didn’t want to become a French teacher anymore (I mean : that’s the version for the parents uh, because you know very well that I still wanted to be a singer-dancer-wife-of-Michael-Jackson). One day we were in Mauritius, and the hotel  » Sugar Beach  » had just opened. My dad had to meet the manager who had contacted him in France, and he jumped at the opportunity of our family journey to meet him personally. 

I remember my entrance in this magnificent hotel, the professional welcome of the manager, who invited us to follow him. I followed him with pride, convinced I was a VIP because I was walking next to the manager of such a piece of heaven. When he started to walk on the small bridge which stepped over the swimming pool of the hotel, for the first time  I thought to myself: « Wouaaaaaaaaaaaaaahhhhhh, when I grow up (if I am not singer-dancer-wife-of-Michael-Jackson), I want to be like him ». I was smiling with all my teeth to my parents. As a result, I then wanted to study for a BTS (2 year technical degree) in Tourism. It seemed coherent and compatible with my passion for languages.

And then, real life happened. The one where you are told that it’s going to be very hard to find a job, even paid peanuts, and even worse for an introverted girl like you. I found quite a lot of different jobs actually, I was lucky sometimes, and I especially had quite a few doors opened thanks to the several languages I could speak. In parallel, I tried to sing and dance. I had left my vocal group from my hometown and I looked for a chance in orchestras or tried to form a group which could perform a few concerts in the area. And I tried quite a lot of castings too. But it was always the same story. A casting, at this time, was always for the same completely stewed projects (it was the « girls band » era, where we tried to lay you songs in the words  » girl power  » clearly written on some toilet paper while they were having a shit; I don’t see how they could have written stuff like that otherwise). How do you want to sing with emotion lyrics like  » oh the boys are bad bad bad,  uh watch out, girls are wild ». If you hear anything more stupid, you will die. Anyway, I persevered for a few years, I didn’t manage to have gigs other than in restaurants or bars (it was nice, but it was a bit far from my singer-dancer-wife-from Michael Jackson dream) and after a while in this environment, I understood that I might not become singer-dancer-wife-of-Michael-Jackson. 


I still sing under my shower, I still dance on some tracks, and it seems like I might not get married to Michael Jackson anytime soon. But meanwhile, I worked, I was a little bit lucky, I also traveled, met great people including my wonderful BF, and I learned very interesting stuff. The most striking experiences were in fashion and tourism, but unfortunately; nothing to do with my hero of the Sugar Beach.
 So, here we are. We often wonder what success is ? I believe that it is all the unforeseen, finally. All the things that change us, the things that we didn’t expect. Today, I chose to be free, in everything. An alienating choice and hard, sometimes. A choice contrary to what some would qualify as success, because it doesn’t rhyme with money. But I don’t care. Because my freedom has no price, my time on this earth either. I make no more compromise, I take advantage of the time spent with the ones I love, I work on what interests me, I allow myself to say NO to others and to all those who think they could buy my efforts and/or my benevolence with money. I act only by passion, by conviction. I also allow myself the right to try things, and decide later. So no, my dreams didn’t come true. Only my bathtub  hears me singing and Mauritius sees me coming only as a tourist. I didn’t make my child’s dream come true. But I try to live my adult’s dream, and I build it every day a little more, just like a surprisingly good improvisation  in the theater. Theoretically I still dream about a princess wedding and a world trip. For all the things that remain uncertain, I think about what my philosophy teacher said: and I know I will be ready when the good things will come my way.
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